VOUS ÊTES LE SEL DE LA TERRE

  • Mise en ligne : 06/09/2019
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Lettre diocésaine Septembre 2019

VOUS ÊTES LE SEL DE LA TERRE

Dans une discussion entendue cet été, était évoquée la difficulté de se comprendre. Une jeune africaine dit alors à son interlocutrice : "On ne connaît vraiment l'autre qu'après avoir mangé, en sa compagnie, un gros sac de sel".
Le précepte était énoncé sur un ton de vénérable sagesse comme si cette jeune transmettait quelque chose de plus grand qu'elle. Une maxime venue des profondeurs de l'humanité. Les générations en avaient fait expérience. Jusqu'à cette jeune mature qui en vivait l'apprentissage. Le temps de consommer le gros sac, par pincées de sel successives, est, en effet, infiniment long ! Faut-il, l'ayant enfin achevé, seulement alors espérer mieux se connaître ?
Septembre inaugure tant et tant de lieux et d'espaces où la connaissance approfondie de l'autre sera primordiale : école, activité professionnelle, réseaux d'engagements, vie pastorale...
La patience de consommer le gros sac de sel sera souvent mise à l'épreuve.
Tout est tellement empressé dans nos modes de vie !
Au risque premier, que le sel manque à la saveur des rencontres, par affadissement superficiel.
Au risque inverse, que le sel gâche la saveur de l'existence, par excès de sa consommation dans la précipitation illusoire.
Se passer le sel ! Être sel de la terre...
En araméen, langue de Jésus, la même locution s'emploie pour "perdre saveur" et "perdre sagesse"!
Le rapprochement sémantique n'est pas sans pertinence pour notre discernement de chaque jour : il y a "folie" à ne plus apprécier la saveur de ce que Dieu désire !
La finesse humaine et spirituelle ne se savoure pas sans la détermination d'en prendre les moyens. Cela suppose écoute, patience, reformulation, travail sur soi, abnégation, sens de l'équipe.
Cela passe par une protection rigoureuse de temps de prière, de lecture, de rencontre de l'autre. Cela implique un engagement auquel on tient et se tient.
Dans nos communautés, nous serons sel de la terre si notre vitalité ne vient à s'affadir.
Belles reprises à vous. Avec bon sel...

Mgr Bernard Podvin
Missionnaire de la Miséricorde