Rentrée universitaire 2019

  • Mise en ligne : 03/10/2019
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Homélie de Monseigneur Ulrich donnée le 2 octobre 2019, fête des Saints Anges gardiens, en la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille lors de la messe de rentrée universitaire (Parole de Dieu : Ex : 23,20-23a - Ps 90 - Mt : 18, 1-5.10).

Retranscription à partir d'enregistrement.

 

Nous ne l’avons pas fait tout à fait exprès : 2 octobre, lendemain de cette journée de la rentrée solennelle à la Catho, c’est la fête des Saints Anges gardiens. Et donc, aujourd’hui, au début d’une année universitaire, nous sommes fondés à confier au Seigneur, par l’intermédiaire des Saints Anges gardiens, notre année qui s’ouvre. L’homélie de ce soir se fonde assez naturellement comme un prolongement de la conférence que j’ai donnée hier sur le Ciel et les Cieux dans la foi, parce que les textes d’aujourd’hui manifestent aussi cette Bonne Nouvelle, cette Nouvelle qui nous fait du bien : savoir que le Seigneur place à nos côtés des Etres bienfaisants pour nous conduire sur le chemin.

Le ciel, la providence, le monde invisible auquel nous croyons n’est pas peuplé seulement de puissances qui rendent difficiles notre vie. Ce monde invisible est d’abord peuplé de ceux que Dieu met pour être des soutiens à la vie du monde et des hommes qu’il aime. Cette foi, cette croyance - ancienne - puisque nous en trouvons la trace dans le livre de l’Exode, dit quelque chose de tout à fait extraordinaire : nous sommes juste après le chapitre 20 du livre de l’Exode qui est le don de la loi.

Le don de la loi. Les dix commandements. Les paroles que le Seigneur adresse à son peuple pour qu’il marche sur le chemin de la liberté, de la vérité et du bonheur.

Ces dix paroles sont alliance avec le peuple que Dieu aime et qu’il veut sauver.

Ces dix paroles et cette alliance sont conclues par Dieu, avec Moïse, parce que le peuple qui est sorti d’Egypte et de la servitude a déjà affronté un certain nombre d’épreuves, il a déjà eu la tentation de renvoyer Dieu et Moïse en disant : « nous aurions mieux fait de rester en servitude ».

Mais Dieu persévère, donne cette loi, et fait alliance, et dit : « si tu marches sur un chemin où je t’attends, tu vivras dans la sérénité, dans l’assurance de pouvoir combattre le mal au milieu de toi, et voilà pourquoi je place un ange à coté de toi, pour qu’il te montre le chemin sur lequel je t’attends ». C’est une véritable alliance que le Seigneur fait et que Moïse et le peuple croyant comprend que Dieu lui fait.

 

Ne nous trompons pas, ces anges gardiens ne sont pas des divinités à la façon des divinités païennes, ce sont des créatures que Dieu destine à être à nos côté, pour notre bonheur, pour la réussite de son projet, pour l’heureuse réalisation de son alliance avec son peuple. Comprenons bien aussi que, bien avant la résurrection, bien avant que le Christ ressuscité montre que le combat contre le mal est gagné, bien avant que cette résurrection du Christ, qui est victoire sur le mal, n’arrive, bien avant que le don de l’Esprit fait par Dieu le Père à la demande du Christ n’intervienne dans notre histoire, déjà, la première alliance, la première révélation, comprend que Dieu n’abandonne jamais sa création, que Dieu n’abandonne jamais les hommes qu’il aime, que Dieu dès le début a le projet de soutenir ceux qu’il appelle sur le chemin : c’est cela la Bonne et Grande Nouvelle que nous entendons à travers cette fête des anges gardiens.

L’évangile ajoute quelque chose qui peut nous paraitre plus difficile, à nous hommes et femmes de raison, d’intelligence, de science : c’est de vivre cette relation avec le Seigneur dans une confiance enfantine, dans une confiance parfaite de l’enfant qui sait et qui ne met pas en doute le fait que son père, ses parents, le conduisent sur un bon chemin. Faire cette confiance d’enfant n’est peut-être pas en effet le premier réflexe que nous avons, nous avons le désir de maîtriser notre existence, nous avons le désir poser des choix personnels, nous avons le désir, comme universitaires, de manifester la puissance de la raison humaine et son autonomie, et nous n’avons pas tort , mais l’évangile nous demande de vivre l’alliance avec Dieu, l’assurance qu’il ne nous abandonne pas, dans une réelle confiance en lui, dans une réelle confiance qui passe à travers ce signe dans la foi des anges gardiens, à travers le signe qu’il y  a un monde invisible et que ce monde invisible est le lieu  par lequel passe son amour, son soutien permanent.

Alors peut-être, au début de cette année, renouvelons notre foi, notre confiance, et demandons au Seigneur que dans les différents problèmes que nous avons à résoudre de notre vie humaine, dans l’exploration du monde, l’exploration scientifique que nous essayons de vivre jour après jour, dans la recherche qui est l’œuvre même à accomplir dans une université, nous soyons confiants dans la bonté extrême du Seigneur qui a fait ce monde pour que nous vivions avec lui et entre nous dans la paix et dans la joie. Que le Seigneur nous aide à vivre cette confiance comme des enfants qui savent tout attendre de Lui.